Objectif du Ministre, reprise progressive et sociale avant tout…

Visioconférence le lundi 4 mai avec le Ministre de l’Éducation nationale, centrée sur la thématique santé-sociale et présentation du protocole sanitaire.

Le SNICS a défendu le rôle primordial des infirmier.es de l’Éducation nationale et a tenu à noter que le protocole sanitaire était suffisant pour définir les règles d’hygiènes liées au contexte épidémique ; les gestes barrières, la distanciation, le nettoyage du matériel… y sont clairement définis mais restent difficilement applicables.

De plus, il nous semble important que le protocole sanitaire soit clairement annoncé comme incontournable et que sa mise en œuvre conditionne toute ouverture, affirmant la sécurité et la santé des élèves et personnels comme une condition « sine qua non ».

Au-delà des problématiques d’approvisionnement en matériels, la configuration des locaux et la capacité des établissements à respecter le protocole sanitaire définira les possibilités d’accueil. S’ajoutera la difficulté du nombre d’agents territoriaux présents, et de leur temps de travail, pour réaliser les actions de nettoyage prévues.
Le SNICS a interrogé sur les priorités d’accueil et leur mise en application.

Le Ministre a annoncé la publication d’une circulaire et de fiches pratiques pour accompagner le protocole.

Elle est d’ores et déjà accessible sur le site du Ministère.
D’après le Ministre, des compléments d’information sur les niveaux classes, la priorisation des élèves à accueillir et la composition des groupes seront apportés. Il retient une approche par niveau prioritaire, avec des rythmes d’accueil au choix (à la semaine, à la 1/2journée ou à la 1/2 semaine). Les enfants des soignant.es, des personnels participant à la gestion de la crise -dont ceux de l’Éducation nationale amenés à travailler en présentiel-, les élèves décrocheurs et les fratries des niveaux accueillis bénéficieront d’un accueil permanent.

Le SNICS a signalé des points de vigilance importants :

Quelles seront la validité du protocole et les responsabilités locales ?
Une fois le protocole adapté aux spécificités de chaque établissement, qui le validera et qui en portera la responsabilité ?
Quelles instances permettront sa discussion et l’adhésion des personnels et des parents, CHS/CA ?

Le SNICS a demandé que ces points soient précisés.
Le SNICS a particulièrement insisté sur la partie « formation, information et communication » du protocole

 

Alors que les actions de formation, d’information et d’éducation à la santé collectives, en direction des personnels et des élèves, reviendront de fait aux infirmier.es de l’Éducation nationale, ils-elles ont été exclu.es de la rédaction du protocole, au bénéfice du « personnel médical ». Cette organisation renvoie à une structuration de type service combattue et rejetée par les infirmier.es de l’Éducation nationale, ignorant ainsi leurs missions et leur rôle propre. Oubli volontaire ou simple maladresse ?
Le SNICS a dénoncé des protocoles départementaux déjà sortis dans certaines académies, dans lesquels les médecins pilotent, organisent et coordonnent le travail et l’activité des infirmier.es dans le premier degré, les obligeant ainsi à délaisser le second degré.

Le Ministre propose le redéploiement de postes du second vers le premier degré. Le SNICS refuse et rappelle que les soins infirmiers sont également une nécessité dans le second degré. Malgré le confinement, les infirmier.es ont organisé le suivi des élèves en difficulté ou décrocheurs, essentiel à leur réussite scolaire. Jean Michel Blanquer s’est dit sensible à cet argument et précise effectivement que la priorité des infirmier.es affecté.es dans les établissements du second degré est d’assurer la continuité du suivi de ces élèves.

Pour le SNICS, pendant la crise sanitaire et le confinement, le ministère n’a pas organisé la continuité du suivi en santé des élèves, et particulièrement ceux présentant des difficultés, ni dirigé vers les infirmier.es de l’Education nationale pour une évaluation de la situation, un accompagnement et une orientation précoce, si nécessaire.

Le SNICS demande une communication systématique en direction des familles (lettres, courriels, site internet) de la possibilité de consultations infirmières, libres et gratuites pour les élèves, pour quelque motif que ce soit y compris d’ordre relationnel, physique ou psychique.

Les médecins sont intervenus pour valoriser leurs compétences en santé publique et ainsi coordonner l’action des professionnel.les de santé de l’Éducation nationale. Le SNICS a réagi vivement à cette assertion et affirme l’autonomie professionnelle et la responsabilité des infirmier.es, avec comme seul responsable hiérarchique le chef d’établissement.

Pour le SNICS, la protection des élèves et des personnels reste la priorité, tout comme la défense de l’autonomie de la profession et sa spécificité d’exercice, au service des élèves et de leur réussite scolaire.