Madame la Ministre
Dans le cadre de votre intervention le 20 mars lors de l’examen au Sénat de la proposition de loi visant à expérimenter le transfert de la compétence « médecine scolaire » aux départements volontaires, vous avez porté la mise en place d’un pilotage structuré au niveau des départements, avec la création d’un service de santé scolaire et la revue des missions.
Madame la Ministre, vous vous trompez. Le service départemental est un leurre qui, en plus d’accroître les inégalités, éloignerait les professionnelles de santé des établissements scolaires et donc des élèves.
L’Ecole n’a pas besoin d’expertes en périphérie mais bien de professionnelles en nombre et dûment formées au sein des équipes éducatives et pédagogiques.
La collaboration efficace que vous appelez de vos vœux, et que nous partageons, est rendue possible par une identification précise des compétences et du rôle propre de chacune des professions, tels que définis en 2015 dans des circulaires spécifiques à chaque corps.
Les missions et le sens de recrutement des professionnelles de santé du ministère de l’Education nationale doivent découler des besoins des élèves et non de la problématique de régulation de l’offre médicale en France.
Si d’avenir vous envisagiez de détourner les moyens infirmiers en modifiant leurs missions pour améliorer les conditions de travail et d’attractivité des médecins scolaires, alors nous nous y opposerions. Ce recul politique serait antinomique à l’amélioration de la santé, du bien-être et de la réussite scolaire des élèves.
La politique éducative sociale et de santé définie en 2015 répond à votre ambition de faire de la prévention la mission prioritaires des médecins scolaires.
En effet, en les recentrant sur la visite médicale de la 6ème année, le ministère de l’Education nationale s’est doté d’un véritable dispositif de prévention secondaire efficace afin de détecter précocement les problèmes de santé et surtout les troubles des apprentissages pour assurer à chacun une possible réussite scolaire.
Cette politique médico centrée passéiste, régressive et court termiste ne vise, par l’organisation de délégations de tâches, qu’une réduction des coûts au détriment de la lutte contre les inégalités sociales et de santé dont souffre l’Ecole.
Nous appelons le ministère de l’Education nationale à prendre ses responsabilités. Le renforcement de la médecine scolaire doit être rendu possible sans renoncer au rôle et aux missions spécifiques des infirmières qui, elles, répondent avec efficacité aux besoins des élèves et de la communauté scolaire.
La consultation infirmière de 1er recours, libre d’accès et gratuite, est indispensable dans la détection, l’orientation et la prévention des troubles dont souffrent les élèves. Si la santé mentale, le harcèlement scolaire, l’éducation à la sexualité , la protection de l’enfance sont véritablement une priorité de la nation, alors vous vous devez de la renforcer.
À la coordination, nous vous répondons collaboration et acculturation par le biais de formations communes au sein des INSPE.
Au service de santé scolaire, nous vous répondons maintien des infirmières au plus près des élèves c’est-à-dire dans l’équipe éducative et pédagogique et sous la hiérarchie des chefs d’établissement.
A la gouvernance et au pilotage départemental, nous vous répondons gouvernance rénovée de la politique éducative sociale et de santé.
Réuni en congrès national, le SNICS-FSU vous alerte et vous demande Madame la Ministre, de recevoir une délégation de notre syndicat dans les meilleurs délais.
Pour le congrès national du SNICS-FSU
Saphia Guereshi