Audience du SNICS-FSU avec le ministre de l’Éducation nationale

Le SNICS et la FSU ont été reçus en audience ce 29 avril par Monsieur Jean-Michel Blanquer. Suite à l’annonce de la réouverture des classes à partir du 11 mai, le Ministre a présenté l’état des réflexions en distinguant trois points : le cadre sanitaire, l’organisation de l’accueil et le cadre pédagogique.

Sans relater tous les détails de cette longue audience, le SNICS a été entendu.

Le Ministre a présenté un protocole national reprenant plusieurs de nos préconisations dont vous trouverez le détail sur notre site internet.

Jean-Michel Blanquer ne renonce pas à la date du 11 mai tout en précisant : « si le 07 mai les conditions ne sont pas réunies, nous ne réouvrirons pas. Si 15 élèves s’est trop, alors faut en mettre moins … le respect des normes doit primer ». Le ministre reconnaît que le préalable à toute ouverture est la mise en œuvre locale et satisfaisante du protocole (matériel, règles d’hygiène et de distanciation).


Le lobby médical persiste


Visiblement, certaines barrières corporatistes n’ont pu être dépassées. Le SNICS continuera de défendre les compétences et l’autonomie de notre profession ainsi que le droit de prescription.

Le SNICS-FSU a signifié au Ministre sa surprise et totale incompréhension de voir minorer le rôle primordial des infirmier.es de l’Éducation nationale dans ce protocole.

En pleine crise sanitaire, alors que notre ministère dispose en son sein d’infirmier.es engagé.es et volontaires, Monsieur Jean Michel Blanquer sous-estime-t-il leurs missions ?!

Les infirmier.es qui se sont battu.es et se battent encore pour être dans les établissements scolaires, au service des élèves ne méritent pas seulement les applaudissements des jeunes et des familles mais également ceux bienveillants de notre Ministre
Jean-Michel Blanquer évoque sa volonté d’une reprise bienveillante et rassurante : quoi de plus rassurant pour les élèves, les familles et les personnels de direction que de savoir que leur établissement dispose d’un.e infirmier.e de l’éducation nationale ?

L’expertise, l’accompagnement technique des protocoles sanitaires au sein des établissements, ainsi que leurs missions « d’accueil, d’écoute et de suivi » des élèves démontrent le rôle indispensable et primordial des infirmières de l’éducation nationale dans la lutte contre les inégalités sociales et de santé. Cette crise sanitaire aura été un révélateur de plus réaffirmant et renforçant leur exercice au sein de la communauté éducative et pédagogique.

Le protocole en attente de la signature du ministère de la Santé, devrait paraître le 1er mai. Il doit encore faire l’objet de discussions en CHSCTM. Une infirmière du SNICS y siège, elle y défendra avec force notre profession.

Le SNICS exige également l’impératif de laisser du temps aux établissements pour réunir leur CHS afin d’engager un travail collaboratif avec les chefs d’établissement, directeurs d’école, les infirmier.es, les enseignant.es, les parents et les élu.es. Nous soutenons également la nécessité de l’adhésion des conseils d’administration ou d’école aux plans de réouverture décidés.

Enfin, le Ministre s’est dit sensible aux arguments développés par le SNICS sur le creusement des inégalités, sur la violence et l’accroissement des besoins de santé et de justice sociale. Il s’est dit favorable au renforcement de nos moyens.

Le SNICS prend acte, mais ne se contentera pas d’une déclaration de bonnes intentions. Une création massive d’emplois doit être budgétée, notre spécialité doit être reconnue, nos formations renforcées.

Une prochaine audience multilatérale santé-sociale est programmée le 04 mai, nous reviendrons vers vous. D’ici là, nous vous invitons à faire du 1er MAI une belle « mobilisation confinée » des infirmier.es de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. Exprimez-vous, faites du bruit !!!

 

Le Ministre a acté certains points techniques

  • Les personnels à risques seront exemptés de retour en établissement.
  • Pas de cumul de travail présentiel et à distance.
  • Tout comme les enfants de soignant.es, les enfants des personnels qui travaillent hors de chez eux seront prioritairement accueillis dans les écoles. Idem pour les élèves en situation de handicap et les élèves décrocheurs.
  • A partir du 11 mai, les élèves pourront avoir 4 statuts : en classe ; en étude ; chez eux ; pris.es en charge par « dispositif sport et santé » – dispositif en cours d’élaboration avec la Ministre des sports. Ce dispositif vise l’amélioration du bien être et de la santé des jeunes en encadrant la reprise d’activités sportives dans un cadre sécurisé.
  • La rentrée des équipes ou l’organisation de la prérentrée restent à définir.
  • Le protocole sanitaire est un impératif mais il reste des discussions sur son élaboration, sa validation, contrôle sanitaire ?, instances ?, responsabilités et décision d’ouverture ? ces points devraient être tranchés dans les heures qui suivent.
  • Fourniture des masques et des matériels par l’Éducation nationale aux personnels et aux élèves. L’État verra ensuite. « Le matériel devra être dans les établissements le 11 mai, sans matériel pas d’ouverture » JMB.
  • Déploiement des dépistages à grande échelle, capacité de 700 000 tests par jour. Dépistage de tous les cas suspects avec intervention de brigades mobiles lors de cas positif. Dépistage des cas contacts. En tant que de besoin, éviction scolaire, mise en quarantaine et fermeture de classes ou plus largement.

Audience du SNICS-FSU avec le ministre de l’Éducation nationale