Le 12 mars s’est enfin tenu un groupe de travail ministériel sur LIEN avec pour ordre du jour les statistiques.
Le SNICS-FSU est entre autres, intervenu à nouveau pour exiger un véritable logiciel professionnel qui embrasse l’ensemble de nos missions et respecte nos règles professionnelles autant que les droits des élèves. La DGESCO soutenait début janvier un « dossier de santé de l’élève », « une application génératrice de données de santé » définis en lien avec le ministère de la Santé et les experts de l’Ecole de Hautes Etudes en Santé Publique… transformant de facto les infirmières en opératrices de données pour d’autres professions. Durant ce groupe de travail, la DGESCO ouvre enfin la discussion sur nos missions d’éducation à la santé collective !
Concernant les statistiques, le SNICS-FSU a rappelé la nécessité d’indicateurs afin de piloter la politique Educative Sociale et de Santé en faveur de la réussite scolaire de l’élève.
Les indicateurs mis en exergue doivent provenir des besoins des élèves lors des consultations infirmières sans générer de charge de travail supplémentaire.
L’activité infirmière, par ses consultations, va générer des indicateurs au niveau local qui permettront de dégager des indicateurs départementaux, académiques puis nationaux, et non l’inverse. De la même façon, il s’agit de partir des besoins exprimés par les élèves et non de rechercher à nourrir des indicateurs disponibles par ailleurs.
Le SNICS-FSU exige également que ces indicateurs soient portés et analysés par les infirmières à tous les échelons de notre institution et dans le cadre de nos travaux partenariaux et ce à tous les niveaux.
Pour ce faire, le SNICS-FSU a de nouveau porté l’importance de remplacer les composantes de santé par les diagnostics infirmiers afin de permettre une analyse fine des besoins des élèves.
Le 6 mai, les inquiétudes du SNICS-FSU, concernant les objectifs de LIEN, ont été confirmées par les propos de la DGESCO : «L’objectif de LIEN est de collecter des indicateurs de suivi de l’état de santé des élèves »
La DGESCO a confirmé que l’utilisation des composantes de santé avait fait l’objet d’un arbitrage.
Le SNICS-FSU est intervenu sur la question du dossier infirmier, la proposition de l’administration a été la création d’un module pour le rapport d’activité tout en oubliant le reste des champs des missions des infirmières qui à leur sens peut être traité de façon distincte, autrement dit comment utiliser LIEN pour satisfaire la profession.
Après l’évincement sans motif de la représentante du SNICS-FSU au sein du comité d’utilisateurs , nous avons à nouveau demandé la réintégration des représentants du personnel et par la même occasion, nous avons appris que des discussions étaient en cours pour modifier sa composition et son rôle. En effet, l’administration souhaite qu’il devienne plus stratégique. Ce que le SNICS-FSU ne peut accepter! Nous avons introduit les difficultés du comité d’utilisateurs qui s’est opposé aux représentants des personnels et qui a défendu un logiciel inadapté. Si comité d’utilisateurs il y a, il doit être représentatif, avec des critères de choix objectifs et des offres de candidatures publiques.
Le SNICS-FSU a remonté les difficultés techniques liées à l’enquête et au manque de dialogue social tout en faisant remarquer la disparition de certaines questions et notamment celles liées aux composantes de santé.
Concernant les statistiques, d’ici le mois de juin, seulement 20 indicateurs, basés sur les composantes de santé, seront disponibles au niveau établissement. Cette demande n’émane pas des représentants du personnel, les indicateurs choisis invisibilisent l’action et la plus-value spécifique des infirmières, beaucoup d’entre eux sont des indicateurs de santé public déjà disponible par ailleurs sur les datas du ministère de la santé ( poids , taille , écrans, sommeils, vaccinations etc). Rien sur notre travail interprofessionnel partenarial ou en réseau, rien sur nos orientations et aucun ne permettent à l’infirmière d’évaluer et/ou de mettre en exergue l’efficacité de ses actions ou des projets éducatifs de santé, ni l’accès au soins suite à nos avis et bilans … Le SNICS-FSU a demandé que les indicateurs prévalents correspondent aux missions des infirmières et aux besoins exprimés par les élèves.
Quant aux bilans normés et au travail sur le premier degré, ils seront mis à l’ordre du jour du prochain groupe de travail prévu au mois de juin. Depuis le temps que le SNICS FSU a demandé d’avancer sur ce sujet, comme d’ailleurs sur de nombreux autres, l’administration semble jouer la montre ou envisager de nous mettre devant le fait accompli sans véritable dialogue social
Concernant la dotation en matériel adapté, aucune réponse n’a pu être apportée.
Quant à l’ordre du jour portant sur l’intégration des diagnostics infirmiers, malgré l’envoi du travail du SNICS-FSU validé par l’ensemble des syndicats, l’administration n’a pas davantage avancé techniquement et propose un tour de table des organisations syndicales. Le SNICS-FSU présente à nouveau son travail qui est à nouveau soutenu par l’ensemble des organisations syndicales.
L’administration est enfin arrivé au coeur du sujet qui était le maintien des composantes de santé en intégrant parallèlement et de façon plus ou moins appuyée les diagnostics infirmiers.
Trois propositions d’intégration sont soumises aux organisations syndicales :
Option 1 : entrée par une composante de santé proposant une liste de potentiels diagnostics infirmiers pouvant découler de cette composante.
Option 2 : deux possibilités d’entrées laissant le choix à l’infirmière de compléter l’une ou l’autre :
- soit les composantes de santé
- soit les diagnostics infirmiers
Option 3 : deux entrées possibles
- soit par une composante de santé qui propose une liste de diagnostics infirmiers prédéfinis, cochés laissant à l’initiative de l’infirmière de décocher
- soit par l’entrée diagnostic infirmier qui propose alors une liste de composantes de santé prédéfinies, cochées laissant à l’initiative de l’infirmière de décocher
Analyse du SNICS-FSU de ces trois propositions :
– L’option 1, partir d’une composante de santé pour introduire un diagnostic infirmier est encore plus chronophage. L’infirmière n’a pas à justifier de sa réflexion diagnostique.
– L’option 3, qui avait la préférence de l’administration, revient à l’option 1 en ajoutant une entrée par diagnostics infirmiers. Nous n’avons pas proposé de simplifier le logiciel via une entrée par les diagnostics infirmiers pour créer une véritable usine à gaz.
Reste à la discussion l’option 2, le SNICS-FSU est revenu sur sa demande, les composantes de santé sont un outil méthodologique parmi d’autres outils de diagnostics facultatifs. Les diagnostics infirmiers font l’objet d’un consensus national et de la validation de l’ensemble des organisations syndicales. Nous avons donc interrogé l’administration sur leur volonté de maintenir les composantes de santé contre l’avis de la profession (95,8 % de la profession est défavorable aux composantes de santé)
Étant donné que les indicateurs statistiques retenus sont liés aux composantes de santé, l’administration s’est dite pragmatique et limitée par le coût budgétaire d’une intégration des diagnostics infirmiers.
CQFD : le SNICS pose la question du choix des indicateurs, par qui, pourquoi et dans quel objectif ?
L’administration a proposé, rustines sur rustines, un logiciel qui dans son fondement est inadapté et qui a été in fine conçu, non pas pour répondre aux besoins des infirmières et améliorer la réponse aux besoins de santé et de suivi des élèves (dixit le Directeur Général de la DGESCO), mais bien pour doter le Ministère de l’Éducation nationale d’indicateurs dont l’origine et l’objectif restent sans réponse.
Les semaines 0 connexion ont un certain impact sur le dialogue social mais les retours du réseau ICT, contrairement aux propos tenus lors des réunions professionnelles, restent, pour des raisons que l’on ignore, très positifs quant à l’utilité et l’usage de ce logiciel. La conseillère technique de la DGESCO soutien que les infirmières s’adaptent parfaitement à l’utilisation du logiciel et qu’il faut plus de formation pour celles qui n’y arrivent pas…d’où l’enquête orientée sur la formation avec très peu de place pour que vous puissiez exprimer votre expertise professionnelle quant à la nécessité de faire évoluer LIEN sur la forme comme sur le fond.
Le SNICS-FSU a pointé à nouveau le retrait de la question sur les composantes de santé et dénonce une volonté de miser sur l’inertie et le découragement des collègues de faire entrer un carré dans un rond.
In fine vouloir faire accepter un logiciel inadapté à la profession avec pour seul objectif de satisfaire à une demande de produire des données de santé publique qui ne serviront pas à améliorer la réussite scolaire des élèves, quel gâchis! Opiniâtre le SNICS-FSU ne lâchera pas et il le fera avec vous!
Le 4 juin s’est déroulé le dernier groupe de travail planifié par la DGESCO, dont l’ordre du jour était les diagnostics infirmiers, le 1er degré et le bilan normé.
L’analyse de l’enquête n’ayant pu être effectuée en raison du délai trop court depuis la clôture, la DGESCO n’a pu faire qu’un retour sur le taux de participation des infirmières. Etant donné l’impossibilité de participation de l’ensemble des infirmières liée à l’outil informatique utilisé, la DGESCO nous a fourni un chiffre de 68 % de réponses mais de qui, des établissements ? Des infirmières ? La DGESCO ne peut de nous fournir la réponse.
Le SNICS-FSU a de nouveau dénoncé les différents biais de cette enquête d’une part dans la méthodologie et d’autre part dans l’orientation des questions.
Concernant l’interopérabilité de LIEN, comme annoncé aux assises de la pédiatrie et de la santé de l’enfant, l’objectif est de permettre une interopérabilité entre LIEN, le dossier médical partagé (DMP), mon espace santé pour l’instant seulement pour que les infirmières y versent les données de leurs bilans! Il y aura aussi interopérabilité entre LIEN et ESCULAPE et le DMP. L’infirmière conseillère technique participe aux groupes de travail pour mettre en oeuvre ce projet. Pour rappel, quand une infirmière inscrit son travail dans un dossier médical, celui-ci est de facto du travail « prescrit » d’auxiliaire au diagnostic médical donc récupéré comme effectué par le médecin. Le SNICS-FSU revendique l’accès au carnet de santé numérisé pour l’infirmière, dans le respect des règles professionnelles pour consultation et inscription de ses actions de sa propre initiative en tant que professionnelle de santé à part entière.
La DGESCO a annoncé que l’ouverture de LIEN au 1er degré est prévue pour le 1er septembre. La technique travaille à l’ouverture de LIEN au logiciel ONDE (logiciel du 1er degré). Il n’y aura pas d’évolution technique.
Concernant le matériel adapté, une communication auprès des recteurs est en cours, la DGESCO a enfin entendu les organisations syndicales concernant les besoins en téléphone portable, ordinateur portable, clé OTP et imprimante. Mais attention la fourniture de matériel aux professionnelles du MEN étant du ressort des communes et des conseils départementaux ou régionaux, ce simple courrier promet aux représentantes du SNICS-FSU et aux professionnelles de terrain de multiples actions d’interpellations pour obtenir gain de cause.
L’équipe informatique œuvre pour la mise en place des diagnostics infirmiers dans un bloc indépendant des composantes de santé, permettant une liberté de choix. Comme demandé par le SNICS-FSU, la saisie se fera par mots clés intuitifs.
Concernant la classification des diagnostics infirmiers, le SNICS-FSU a demandé une classification en 4 grands thèmes (cf BBL 113 https://snics.fr/wp-content/uploads/2023/10/BBL_113-1.pdf ) en lien avec la pratique infirmière à l’Éducation nationale.
Sous prétexte de valoriser la profession et de s’inscrire dans une démarche scientifique, la DGESCO propose de rentrer par une classification NANDA et donc en 13 domaines qui sont encore divisés en classe. Dans le cadre de notre expertise infirmière et avec la validation de la profession, le SNICS-FSU a défendu que la classification qu’il a proposé entre dans le cadre conceptuel de la pratique infirmière à l’Éducation nationale.
Le SNICS-FSU revient également sur le choix des diagnostics prévalents et la volonté, pour faciliter la saisie, de mettre une coche « risque » lors qu’il s’agit d’un diagnostic de type risque.
Le SNICS-FSU a donc de gros doutes sur la façon dont l’outil va être rendu plus facile d’utilisation mais nous ne lâcherons rien et vous aussi on l’espère!